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Thursday, 11 October 2012


Discussion tendue en Europe sur l'avenir des aides à la pêche


Bateaux de pêche dans le port de Saint-Guénolé, dans le Finistère.

La fièvre monte autour des 6,5 milliards d'euros du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (Feamp), qui sera le moteur de la prochainepolitique commune dans ce secteur. L'enveloppe, qui doit couvrir la période 2014-2020, cristallise des conceptions radicalement opposées de ce que doit être l'avenir de la pêche pour les flottes européennes.

Les ONG, en particulier la coalition Ocean 2012 (qui regroupe entre autres les associations Greenpeace Europe, WWF Europe, Océan 2012, Birdlife, Seas At Risk, Oceana) redoutent de voir réapparaître, à l'occasion d'une réunion des ministres, vendredi 12 octobre, à Bruxelles, des mesures qui risquent d'accroître la capacité des flottes de pêche, alors que la restauration des biomasses de poissons nécessiterait au contraire de réduire les tonnages de captures.
Il est prévu un catalogue étendu de soutien à la pêche et à l'aquaculture au nom de la sécurité des marins, de la réduction des émissions de gaz de serre, des économies d'énergie, des efforts en matière de marketing, du développement de la vente directe et de la diversification des activités, de la qualité des produits, du marketing...
Mais certaines subventions semblent de bien mauvais augure, singulièrement la possibilité de financer le remplacement des moteurs. Certes, elle ne concerne dans le projet actuel que les bateaux de 12 mètres maximum, mais Oceania craint que les Etats n'obtiennent un élargissement de ces financements à la pêche industrielle. La France en particulier met tout son poids dans la balance pour fairede ces financements un levier de rénovation de ses flottes de pêche.
AIDES POUR LA CONSTRUCTION
La modernisation mobilise davantage les élus français que la promotion de nouvelles pratiques durables au sein de l'Union européenne. Au Parlement européen, les députés français s'activent en ce sens. Alain Cadec (PPE), vice-président de la commission pêche, réclame, par exemple, le retour des aides pour la construction de nouveaux navires.
"Nous avons beaucoup de vieux bateaux, il faut leur permettre de se rénover",insiste la socialiste Isabelle Thomas, membre de cette même commission où elle a déposé pas moins de 270 amendements sur les contenus du Feamp. "Sinon les pêcheurs seeront amenés à pêcher davantage pour atteindre une certaine rentabilité."
"La France, l'Espagne, le PortugalChypre veulent que le maximum de subventions aille à la rénovation des bateaux et à la capture des poissons ! Dans quel autre secteur d'activités distribue-t-on ainsi des fonds à des opérateurs privés pour payer leur modernisation alors que la crise économique est partout ?",dénonce Markus Knigge, directeur de recherche pour l'ONG Pew. "Où est l'argent public destiné au recouvrement des stocks de poissons à la préservation de la vie marine ?"

Thonier à quai dans le port de Sète, dans l'Hérault.

Dans le projet actuel, 477 millions d'euros sont prévus pour le contrôle des pratiques de pêche et 358 millions pour la collecte des données nécessaires aux évaluations scientifiques des stocks de poissons. Le reste de l'enveloppe est à 90 % destiné au soutien économique.
Si les positions des uns et des autres semblent se durcir, c'est que l'on s'approche des dernières phases de négociations. Le Feamp doit en principe être opérationnel le 1er janvier 2014. "Il y a deux sortes de délégations nationales qui s'emploient à faire pencher la balance dans leur sens, observe Markus Knigge.Celles qui veulent montrer à leurs pêcheurs-électeurs qu'elles se sont bien battues à Bruxelles et celles qui pensent être capables de maîtriser les effets de la surpêche. Et la France est l'une des plus combatives."
"DURABLES ET COMPÉTITIVES"
Les positions de Paris semblent en effet éloignées de l'esprit de la réformeproposée il y a plusieurs mois par la commissaire européenne en charge des affaires maritimes et de la pêche, Maria Damanaki. Ce texte comporte cependant son propre lot d'ambigüité puisqu'il veut "promouvoir une pêche et une aquaculture durables et compétitives".
La Commission profite de cet objectif, un tantinet contradictoire, pour faire passer son idée de "concession de pêche transférable", très critiquée au sein des conseils des ministres sur la réforme de la politique commune. Bruxelles propose de favoriser financièrement les Etats qui adopteront ce principe de quotas individuels de prises que les pêcheurs ou les armateurs pourraient revendre. La France considère cette mesure comme excessivement libérale, une sorte de privatisation des mers. 

Source: Le Monde, France.

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